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Imagine la suite - Participation #1 : Elodie

Rédigé par Waz / 18 janvier 2016 / Aucun commentaire

Salut ma petite galette à la frangipane ! Pas de petite BD tout de suite (mais bientôt, hein, promis). A la place, tu te souviens de la fois où j'ai lancé un concours et puis j'ai pas eu le temps d'annoncer les résultats ?

Non ? Alors va d'abord lire l'histoire d'origine et puis le lancement du concours. Et puis si t'as la flemme, bah en gros imagine un mec, Pierre, qui se réveille après une soirée arrosée, sur un bateau. Il ne sait pas comment il est arrivé là, il n'y a rien ni personne aux alentours, pas faim, pas froid, complètement paumé. Et invente la suite. Enfin si tu veux hein, j'suis pas ta mère moi.

Tout ça pour dire que je me suis pris un léger bide - mais ça va, j'assume - avec seulement deux courageux participants à l'heure actuelle (voire une troisième qui se profile). Ce qui fait que du coup, j'ai décidé d'illustrer les deux (ou les trois... roh, tu suis, un peu ?)

On ouvre donc le bal avec la chouette histoire de ma petite soeur d'amour Elodie, qui m'a plutôt épatée sur ce coup-là. Voici donc comment elle imagine la suite...

Il n'a pas faim, pas soif, pas froid. C'est comme s'il était hors du temps...

Après réflexion, il ne ressentait qu'une seule chose. Une douleur dans sa poitrine. Une douleur indescriptible.

"Reste calme" se dit-il. "Je ne dois pas paniquer".

Ayant besoin de réponse, il s'organisa.
Première étape, fouiller le bateau.

Il n'était pas spécialement marin et n'a pas de bateau. Ne sachant pas comment un bateau est organisé, il décida d'aller de l'extérieur vers l'intérieur. Après quelques temps, il ne put faire qu'un constat amer. Le bateau n'était pas très grand. Il semblait s'agir d'un voilier constitué d'une cabine simple. Pas de nourriture, pas de vêtement, pas d'objet particulier... ou presque. A dire vrai, il n'avait trouvé que deux choses : une canne à pêche, installé, hameçon dans l'eau, et un coffret.

Pierre n'osait pas toucher la canne. Le fil était tendu mais rien ne semblait tractionner. Le coffret, c'était une autre histoire. Il avait la dimension d'une boîte de céréales, en bois sculpté dessinant des loups mais... il était verrouillé par un cadenas. Malgré ses recherches, pas moyen de mettre la main sur la clef, si cette dernière existait. Il s’allongea dans le lit de la cabine, sans couverture, sans oreiller. Puis il posa le coffret.

Bon sang, mais où est-il ? Pourquoi ? Depuis combien de temps est-il sur ce bateau ? Qu'y a-t-il au bout de cette canne et dans ce coffret ?

"Réfléchis... réfléchis..."

Tentant de faire le point, il se rendit compte que la douleur à la poitrine avait disparu.

Toujours rien à l'horizon.

"Suis-je mort ? Non, les morts ne ressentent pas la douleur... si ? Non, non... Calme toi, réfléchis... une blague ? Qui a un bateau ? Je sais pas ! Aaaah !! MAIS IL SE PASSE QUOI BORDEL !!!!" Pierre hurla. Tant de questions sans réponse. Et cette solitude, pesante. Mais il ne devait pas perdre la tête. Ce n'est pas le moment.

Il devait passer à la deuxième étape. Il n'avait toujours pas faim mais il ne devait pas se fier à cela. Il devait trouver à manger et il n'y avait qu'une solution. La canne à pêche.

La canne pêche.

Pierre sortit et s'en approcha. Elle avait l'air... normal. Classique. De quoi avait-il peur ? La ligne était tendue certes, et alors ?
Il commença à la saisir et à tourner le moulinet. Une forme se distingua dans l'eau.
"Bordel, c'est quoi ?"
Un diodon, un poisson particulièrement... laid. Et pour le coup... mort.
"ça se mange ce truc ? J'ai rien pour le préparer de toute façon..."
Il observa ce poisson mort. Il se sentit mal. La peur. La peur d'avoir le même destin que ce poisson dans un avenir très proche. Mais quelque chose l'interpela et le sortit de ses pensées. Dans la gorge. Il y avait quelque chose dans la gorge du poisson.
Il s'en approcha. l'idée de mettre la main dans la gueule de ce monstre lui donna un haut le cœur. Avait-il le choix ? Aurait-il une réponse ?
Il commença à enfoncer sa main dans ce trou gluant. Il saisit l'objet.

"Aaaaaaaaaaaah"

Il tomba au sol. La douleur. Encore cette douleur ? Oui, mais cette fois, elle ne se situait pas dans la poitrine. Non. Dans la main. Dans le nez. Dans le bas-ventre.
Puis plus rien. Plus de douleur. Il ouvrit les yeux. Toujours sur ce maudit bateau. Il tourna la tête. Il tenait un petit sachet en tissu dans la main.
Il y avait autre chose. Plus petit. Plus... brillant ? Une petite clef.

Une chasse au trésor ?

"C'est quoi ce délire..."

Il regarda la clef. Puis sa main. Une petite trace était présente sur le dessus, semblable à une piqûre.

"J'espère que c'est pas toxique cette connerie"

Il se releva. Il avait besoin de réponse. Et vite.

Il se rendit à la cabine et fixa la boîte.

"Aaaaaaaaaaaaaaaaaah"

Une voix féminine. Une voix singulière ? Pierre se retourna. Personne. Il sortit en trombe. Il entendait des cris entremêlés de pleurs. Il courut. Il chercha.
Mais rien. Personne. Pourtant cette voix... Elle était là. Hélas, impossible d'en localiser la source.

"Je suis fou ? Je perds la raison ? ah ah ah... je perds la tête... JE PERDS LA TÊTE !! C'EST çA QUE VOUS VOULEZ ?!

C'est particulièrement énervé que Pierre se rendit dans la cabine. Il saisit le coffret et l'ouvrit.

Une gifle. Au sens propre du terme. Pierre regarda autour de lui. Personne. Seul. Toujours aussi seul. Pourtant il sentait la douleur sur sa joue.
Le coffret était sur le lit, ouvert. Il contenait...

Deux livres et un stylo.

Il sortit délicatement les deux ouvrages. Le premier portait le titre "espoir et bons moments" et le deuxième "malheur et regrets". Le stylo était à encre noir, classique.

Pierre ouvrit le premier livre. Déception. Il n'y avait que des pages blanches. Même chose pour le deuxième.

"Je dois les remplir ?"

Il posa les livres et sortit.

La nuit. Soudaine. Sombre. Sans étoile ni lune.

"Comment est-ce possible ?"

Il retourna à la cabine. Il devait s'occuper l'esprit. Ne pas réfléchir à ces phénomènes étranges.

Il saisit le volume "espoir et bons moments" et commença à écrire. Puis se fut au tour de "malheur et regrets".

Plusieurs minutes. Peut-être plusieurs heures ? Il n'en avait pas la moindre idée. Il avait noté dans ces livres ce qu'il avait sur le cœur. Ces souvenirs. Son vécu. Un nouveau constat amer. Le livre le plus rempli était "malheur et regrets".
Pierre n'avait pas eu beaucoup de "malheurs" dans des "regrets"...
Des phrases non dites, des actes non osés, des rêves non réalisés...

"Pourquoi ? Suis-je passé à côté de ma vie ?"

Pierre se mit à pleurer. Lui qui était seul sur son bateau. Perdu. Seul.

"Je t'aime. Je t'aime tellement Pierre." Des sanglots. Cette voix, celle de sa mère.

Pierre releva la tête. Ses regrets. Ils étaient dans sa tête. Ce n'est rien. Ce ne sont que des obstacles que l'on se met. Juste une torture que l'on s'inflige. Ce n'est pas ça l'important. Pas ça qu'il faut retenir.

Pierre saisit "malheur et regrets", sortit de la cabine et jeta le livre à la mer.

Il rentra dans la cabine et feuilleta l'ouvrage restant. L'ouvrage de sa vie. Il sourit.
*bip*
Il pensa au bons moments.
*bip*
Il pensa à ses proches.
*bip*
Il ferma les yeux. Soulagé.
*bip* *bip* *bip*
Une lumière intense. Une odeur désagréable. Une voix.

-"Suis-je mort ?"
-"Non mon chéri. Non, tu es vivant"

Une étreinte.

Pierre ouvrit les yeux. Il n'était plus sur le bateau. Non. Une chambre d'hôpital. Sa mère. Ses amis.

-"Que s'est-il passé ?" demanda Pierre.
-"Tu as fait un malaise cardiaque. Tu es resté dans le coma pendant vingt-quatre heures. On a eu tellement peur", expliqua sa mère.

Pierre rigola.

"Je vous aime tellement. Tous. Merci."

Pierre tourna la tête. Un infirmier se tenait près de la porte. Discret. Presque caché. Il tenait un livre dans sa main.

Ce livre s'appellait "espoirs et bons moments"...

So cuuuute <3 Allez, on se retrouve bientôt pour la deuxième participation !

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