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Imagine la suite - Participation #3 : Téfette

Rédigé par Waz / 09 mars 2016 / Aucun commentaire

Salut ma petite religieuse au café ! Nouvel épisode de "Imagine la suite"... Pour rappel, les épisodes précédents : Elodie et quarkup. Et si tu ne sais pas de quoi je parle, va voir l'histoire d'origine et puis le "concours"

On rembobine une fois de plus : Pierre se réveille après une soirée arrosée, sur un bateau. Il ne sait pas comment il est arrivé là, il n'y a rien ni personne aux alentours, il n'a pas faim, pas froid, il est complètement paumé. Et maintenant, voici comment Téfette imagine la suite...

Hagard, il détourne le regard de l'horizon et pose les yeux sur sa montre. L'écran est éteint. Pierre était pourtant persuadé d'avoir changé la pile récemment.
Il décide de s'asseoir quelques instants sur la banquette la plus proche pour essayer de se ressaisir et démêler le flot de sentiments et souvenirs qui l'assaillent.
La tête entre les mains, il essaie tant bien que mal de se remémorer les derniers instants avant de se retrouver sur ce bateau.
Le bar, le comptoir à l'ancienne avec son distributeur de cacahouètes, le bruit du baby-foot dans la salle voisine, son verre de martini. Il était avec... avec... son nom lui échappe... pourtant il est sûr de le connaître. Même son visage, qui lui semblait clair l'instant précédent, devient flou également. Seule sa voix et l'air qu'il chantonnait subsiste encore: "How does it feel, How does it feel, To be on your own...With no direction home"
Cette personne savait-elle donc exactement ce qu'il allait se passer ? Pourquoi est-il ici ?

Il a tant de questions sans réponse mais une commence à se faire plus pressante : comment se sortir de là?

Mû par un élan de désespoir, il se redresse enfin et scrute à nouveau l'horizon. Rien... toujours rien... pas une ombre ni même un reflet. L'immensité de la mer lui étreint le cœur. Le ciel est toujours gris... une carte, c'est une carte qu'il me faut ! il doit bien y avoir une carte dans ce satané rafiot !
Il se dirige vers la cabine. Il ouvre la porte prudemment. Pas âme qui vive, mais un sacré désordre.

Au premier coup d’œil, il n'aperçoit rien qui puisse lui servir, mais il commence à chercher sous les vêtements et autres bâches qui jonchent le sol.

Un petit morceau de papier attire son attention, il semble avoir été déchiré à la va-vite mais le dessin sur le recto lui rappelle quelque chose. Il le ramasse et découvre derrière quelques mots écrits à la plume dans une belle écriture cursive : "Where the sea was smooth as glass Givin' you one answer to the question That you never thought you'd ask"
Un frisson le parcourt, sans qu'il sache réellement pourquoi... il se sent plus perdu encore.

Il s'assied à nouveau, dubitatif. Au mur, une photo du voilier. La légende indique "Albatross, jan. 1959". 1959 ? Bien conservé... Surpris, il regarde à nouveau les marquèteries et chromes... vraiment bien conservé... trop bien conservé. Il fait le tour du navire mais c'est bien celui de la photo. Comment a-t-il pu tenir aussi longtemps et rester si "neuf" ?
Il a sans doute été la propriété d'un acharné du polish...
Pierre retourne à ses fouilles.
Il finit par apercevoir une boussole sous la banquette ! Victorieux il attrape celle-ci.
Une fois le précieux objet au creux de la main, son estomac se noue. L'aiguille virevolte à une vitesse folle, impossible de se repérer. Et ce ciel qui n'en finit pas d'être gris...

Las de chercher en vain une solution, il finit par s'assoupir. Ses rêves agités le propulsent à nouveau dans le bar, le comptoir, le baby foot, la voix, et ce visage qui le fuit. Une image revient régulièrement... un triangle isocèle, dont la pointe, telle une flèche, est dirigée vers le bas.
Le rythme s'accélère, la voix ne s'arrête pas, le triangle, le visage dans l'ombre c'est psychédélique.
Quand les images deviennent insoutenables, soudain, tout s'arrête. Le noir total.
Une voix lui susurre doucement "non loin de Miami, sur la route de Porto Rico... pas d'échappatoire... sauf si tu trouves le bon bouton" et la voix s'éloigne en riant. Un rire à vous glacer le sang.
En sueur, Pierre se réveille en sursaut.

Il fait nuit à présent. Pas d'étoiles, toujours ces nuages et cette brume. Maintenant il sait que cela ne se dissipera pas.
Il continue d'espérer que dans quelques instants, il sera dans son lit et que tout ceci n'est que chimère. Tout ceci semble si réel mais si improbable. De retour dans la cabine, prêt à abandonner, il aperçoit quelque chose sous le coussin de la banquette. Un petit point bleu. Il se penche pour voir de plus près. On dirait une minuscule fresque de Neptune entourée de deux petits points.
En essayant de s'avancer d'avantage pour observer plus attentivement l'objet, il prend accidentellement appui sur la petite planète.
Un cliquetis
Un grésillement, comme les vieilles platines vinyles
Quelques secondes qui durent une éternité et le silence est rompu par les accords de guitare et une voix connue: "I feel the ocean swaying me... Washing away all my pains"
puis à nouveau le silence
un nouveau cliquetis
un confetti de papier tombe du plafond
"De Nérée et de Doris elle est le beau fruit.
Le fruit qui apaise son ire, calme son courroux
Cymothoé la belle guidera ton esprit
Pour qu'à nouveau tu retrouves ta place parmi nous"

Il reste coi. Qu'est-ce que tout ceci signifie ?
Ses pensées fusent. Que n'a-t-il pas suivi les cours d'histoire plus assidûment...
Qui est Cymothoé ? Qu'ai-je fait pour se retrouver là ?
Il retourne dehors prendre l'air. La mer est toujours aussi calme. Le paysage ne change pas. Aussi surprenant que cela puisse paraître il n'a toujours pas faim, ni soif. Probablement un signe de son corps pour lui faire comprendre que le temps a suspendu son vol. Un mouvement dans le coin de son œil lui fait tourner la tête.
Sur le bastingage, un magnifique papillon brun et blanc vient de se poser. Pierre n'en a jamais vu de pareil. De la largeur d'une main d'enfant, ses ailes couleur crème sont comme brodées de brun sur les bordures, en motifs complexes.
Au-delà de sa beauté, ce petit insecte lui apporte un réconfort inattendu. Il n'est donc pas le seul être vivant perdu ici... "Peut-être que tu sais ce qu'on fait là ?" s'entend-il demander.

Pour seule réponse, le papillon agite lentement les ailes, sans s'envoler pour autant.
Pierre reste un moment, perdu dans ses réflexions, à admirer les dentelles de son nouvel ami.
Lassé de son bastingage, il finit par décoller vers l'arrière du bateau jusqu'à disparaître derrière un tas de cordes. Pensant être à nouveau seul et abandonné, Pierre retourne vers la cabine. A l'intérieur, il retrouve le papillon posé sur un plan de travail. Surpris, il s'approche doucement de l'insecte et aperçoit un interstice très fin sur le plan de travail... cette partie doit s'ouvrir... la question est comment...
Délicatement pour ne pas faire fuir le papillon, il commence à essayer de soulever, de gratter, de débloquer le morceau de marbre...rien à faire. Les bras ballants il observe, dépité, l'interstice qui avait fait renaître l'espoir.
Sur le mur au-dessus du marbre, une illustration d'encyclopédie. Son sang ne fait qu'un tour lorsqu'il reconnaît le petit animal et déchiffre le texte sous l'esquisse: "fig1: Cymothoe Alcimeda"
Il s'empresse alors de décrocher le cadre, qui refuse de le suivre mais qui déclenche un nouveau mécanisme.
Le plan de travail se soulève comme mu par un vérin, laissant paraître un coussin de velours sur lequel est posé un précieux objet oblong argenté, muni d'une extrémité bleue et d'une extrémité noire.
Hésitant, il finit par s'en saisir et appuie sur le bouton qu'il découvre sur le côté.

Pris dans une tornade colorée, il lui semble tomber dans un puits infini.
Après une éternité, il entend la voix de son rêve "Vous êtes tombé en dehors du vortex, à travers le vide, dans le néant... Vous êtes dans une sorte de no man's land... Le royaume du silence, la dimension perdue..."
De plus en plus perdu, craignant ce qu'il va découvrir, il ouvre les yeux.
Le sol lui est inconnu.
Il a mal...n'est-il pas tombé abruptement?
la voix s'est éloignée. "tout est question de génératrice pulsatoire et non pulsatoire"
Il essaie de se relever.
L'homme s'agite dans tous les sens. Il n'est pas très grand, brun aux cheveux courts.
"Qui êtes-vous?" bredouille Pierre. "Moi ?" répond l'homme. "Non le pape" s'agace Pierre. Après un petit temps de réflexion, toujours concentré sur une sorte d'écran, l'homme dit: "Je suis quelqu'un qui vous veut du bien, et vous sortir d'une situation des plus catastrophiques"
"Vous pourriez être plus clair?"
"Vous avez voulu prendre des cacahouètes...des cacahouètes...vous n'aviez pas mieux à faire?" reprend l'homme.


Le flash. Le distributeur de cacahouètes au bar, il se souvient l'avoir regardé, et, nostalgique, il s'était demandé s'il avait de la monnaie. Au bout de quelques minutes de fouille, il avait fini par mettre la main sur la bonne pièce et s'était dirigé vers l'appareil. Il avait inséré la pièce, tourné la poignée....puis plus rien.
Ce geste si anodin aurait causé tous ces évènements ?
"Je...j'ai..mais...quoi ?" finit-il par articuler
"Le distributeur, c'était un générateur de champ magnétique. Vous l'avez activé. Il n'était pas vraiment au point... et paf... il a fallu que j'essaie de vous ramener"
"Sérieusement ?" Pierre est tellement dubitatif qu'il commence à chercher les caméras. L'endroit pourrait en être truffé qu'il ne le saurait même pas tellement il y a de câbles et boutons clignotants.
"Oui sérieusement, vous croyez que je n'ai que ça à faire? Venir chercher les naufragés ce n'est pas vraiment une vocation ! Heureusement pour vous, nous avons des amis communs." lui répond l'homme toujours affairé sur la console.

D'un coup, il prend une clé à molette et envoie un grand coup dans le "tableau de bord" et s'écrie "Voilà, ça devrait repartir !"
Pierre ne comprend plus rien mais il n'a pas le temps de réfléchir. Il se retrouve projeté au sol.
Quand il reprend ses esprits, tout est calme.
L'homme est accroupi à côté de lui: "On est arrivés, il va falloir sortir maintenant"
Pierre se redresse tant bien que mal. Son compagnon lui indique une porte.
Pressé d'en finir, Pierre se dirige vers celle-ci mais la curiosité l'emporte, il se retourne et demande: "Qui êtes-vous ?"
L'homme sourit et se met à chantonner "Don't be afraid you're safe with me Safe as any soul can be... honestly Just let yourself go"
Pierre comprend qu'il ne sert à rien d'essayer d'en savoir plus et franchit la porte.
Quand il se retourne, il ne voit qu'une rue déserte.

Pierre qui tombe en dehors du vortex

FIN

Si tu n'as pas tout suivi sur la fin, c'est que tu ne connais pas bien Doctor Who (simplement l'une des meilleures séries de la Terre). Va vite combler tes lacunes !

N'oublie pas que tu peux toi aussi t'essayer à l'écriture en imaginant ta propre suite au réveil de Pierre sur le bateau. Et sinon, ma propre nouvelle est terminée, je devrais la poster très bientôt. L'adaptation "BD" me paraît compliquée mais jouable, donc stay tuned... Et dans tous les cas on se retrouve bientôt pour de nouvelles anecdotes (j'ai des choses à te raconter, crois-moi !). :D

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